Oculus et intellectus

Publié le par Saint Luc


Désolé de vous décevoir, mais toujours pas de vrai article. Non, non. Je vais vous parler d'un film que j'ai vu il y a environ une semaine ou un peu plus, je ne me souviens plus trop bien en fait de Neil Jordan avec Jodie Foster, A vif et qui m'a assez plu, m'a interpellé, en plus de me faire réfléchir un brin.

Même si je n'ai pas tellement apprécié la fin, trop hollywoodienne, trop moralisatrice, avec les méchants qui sont punis à la fin et les gentils qui s'en sortent comme des fleurs, pour mon goût nettement plus sensible à la bonne tragédie
de derrière les fagots.
Pour le reste, c'est un bon film qui met bien en valeur une idée que je partage assez : il y a des événements qui nous tombent parfois dessus et qui changent littéralement notre vie, qui sont irréversibles, à partir desquels on peut sans aucun doute possible dire qu'il y a un avant et un après. Le genre de choses qui nous transforme irrémédiablement, et nous fait sortir de nous même, devenir quelqu'un d'autre, un véritable étranger à soi-même, et ce définitivement, sans retour ou rémission possibles.

En effet, une animatrice de radio new-yorkaise assiste, et subit aussi, impuissante à un déferlement de violence qui conduit à la mort de son fiancé et alors qu'ils comptaient se marier sous peu. Un événement d'autant plus traumatisant qu'il est soudain et pour des motifs d'une
stupidité sans nom futilité absurde, dont elle ne peut se remettre et elle glisse dans une spirale de violence et de colère qui la submerge progressivement. Elle s'enfonce alors dans les bas fond de la ville dans une recherche aléatoire de ses agresseurs, s'en prenant au passage à tous les délinquants qui croisent sa route d'abord de façon accidentelle puis plus systématiquement.
Là où le film devient intéressant, dérangeant et à vrai dire poignant, c'est qu'il ne se contente pas d'aligner les scènes de violence, mais nous raconte
d'une façon froide, détachée, comme objective, bien plus la lente dérive de cette femme qui se mue en justicière expéditive puisque la narratrice se livre aussi à un exercice de réflexion et d'introspection.





Publié dans Intermède

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tahiti45 19/03/2010 13:17


Ce genre de film n'est pas mon "truc" mais ton analyse me donne envie d'aller le voir....le ferai je?


Saint Luc 19/03/2010 22:03


Et à vrai dire, je crois que c'est le genre de films un peu trop "coup de poing" pour toi...
Surtout qu'il a tendance à appuyer pile où ça fait mal, et que cette façon de décrire sans prendre parti ne doit pas être ta tasse de thé, j'imagine que tu y trouverais une absence de sens, ou un
sens discutable du coup...


galoune 17/03/2010 11:29


Tu nous annonce que tu es devenu violent?
;-)
Est-ce vraiment inexorable? Elle était seule cette femme, pour sombrer comme ça?
Quand je fais une grosse colère, mon mari m'enferme dans ma chambre, et après la fessée, je reviens à des considération plus raisonnables...
Allez, dis-nous que t'es en plein craquage et que d'ici peu tu flingues un vermisseau!
Bises à toi,
je rigole parce que ça me fait peur, désolée!!!
Bon mecredi à toi!


Saint Luc 17/03/2010 21:51


A fond !!!
La violence, tu l'imagine bien, c'est une seconde nature chez moi !
En fait, non, la narratrice n'était pas seule, elle était sur le point de se marier, mais la perte de son fiancé va l'entraîner sur une pente savonneuse, et le hasard va la faire glisser dans une
espèce de chute et de spirale infernale, à cause de la perte de ses repères et de tout ce qui faisait sa vie.
C'est d'ailleurs ça qui m'a intêressé : comment un évènement brutal peut faire basculer une vie, les conséquences et les répercussions qu'un gros choc peut avoir sur une existence.
Mais rien à voir avec les grumeaux !!! Même si c'est vrai qu'ils sont eux en plein déconnage à plein tubes !


ci&là 17/03/2010 10:05


Je ne l'ai pas vu mais a priori (bhou, c'est pas bien les a priori !), j'aime pas trop ce genre de films qui prône le fameux œil pour œil comme si la douleur donnait droit de vie ou de mort sur les
"méchants". Mais peut-être que justement "l'exercice de réflexion et d'introspection" dont tu parles évoque cette question ?


Saint Luc 17/03/2010 21:34


Justement, le film ne prend pas parti à ce sujet là, il montre les choses, raconte les sentiments, les conséquences, les actions des protagonistes mais ne va ni dans le sens de l'apologie, ni dans
le sens de la dénociation. C'est d'ailleurs ce qui peut mettre mal à l'aise, mais ça laisse chacun aussi se faire sa propre opinion sur l'attitude et les choix de la narratrice...
Personnellement c'est justement ce que j'ai apprécié, qu'il n'y ait pas de lecture un peu contrainte mais être renvoyé à des questions sur ce que l'on ferait (hypothétiquement bien sûr, parce qu'il
n'y qu'une fois confronté à la situation que l'on finit par savoir) dans de telles circonstances.