Les lois fondamentales de l'univers II

Publié le par Saint Luc

 

Donc pour reprendre où nous en étions restés, on va aujourd'hui parler de la deuxième règle qui s'applique à toute chose dans ce vaste et quelque peu désordonné univers . Comme la dernière fois, ces axiomes s'appliquent soit simultanément, soit alternativement, et régissent plus ou moins tout ce qui arrive d'une façon ou d'une autre, puisque pour chaque événement c'est l'un ou l'autre ou tous qui vont avoir la priorité suivant les cas.  

Ce qui devrait d'ailleurs faire grandement plaisir à la délicieuse gauchère qu'est  Amélie , vu qu'elle s'interrogeait il y a peu sur une éventuelle application et la prééminence ou non de cette règle.


Mais trève de plaisanteries, et entrons donc directement dans le vif du sujet.

 

 

 

Seconde règle : La loi de Murphy.

 

 

 

Parfois un peu hâtivement nommée loi de l'emmerdement maximum (L.E.M.), et d'autres fois plus improprement encore loi de la tartine beurrée, cette règle est là pour rappeler que tout événement dans l'univers subit un principe entropique qui tend et peut s'accroitre de façon dramatique.

En effet, réduire la loi de Murphy à cette seule question de beurre et de moquette nie la portée et le champs d'application quasi universel de cette règle fondamentale, et ce même si c'est bien entendu l'exemple le plus connu et le plus révélateur de ces implications et de ces répercussions.

 

 

Loi-de-Murphy.jpg

 


Nous écarterons donc d'emblée la justification et l'explication qui consiste à faire de la loi de Murphy un simple principe de conception nécessaire pour écarter les risques de mauvais fonctionnement, de pannes même improbables, et l'usage aberrant que l'on peut faire de tout objet manufacturé et à plus forte raison si celui-ci est complexe ou dangereux. Ce qui permet de comprendre historiquement et de rendre plausible la première formulation de ce principe et sa dénomination, à savoir "si il y a plus d'une façon de faire quelque chose, et que l'une d'elle conduit à un désastre, alors il y aura quelqu'un pour le faire de cette façon", mais ne rend absolument pas compte de sa complexité et de son immense portée.

Ce qui reprend d'ailleurs plus ou moins les termes du "rasoir d'Ockham", qui comme chacun le sait stipule qu'en l'absence d'explications et de causes certaines à une phénomène, toutes choses étant égales par ailleurs, si deux causes sont possibles, l'explication la plus simple est celle qui prévaut.

 

Brèfle. 

 

Revenons donc à notre tartine. Comme chacun aura pu le constater, si l'on fait tomber malencontreusement une tartine que l'on a préalablement beurré d'une table, elle tombe le plus souvent du côté beurré.

Quelque chose qui statisquiquement est anormal, puisque si l'on s'en réfère aux études menées par Robert Matthews sur un échantillon de collègiens, il apparait que la tartine retombe entre 62 et 67 % des occurences sur sa face beurrée, alors que statistiquement, la probabilité devrait plus ou moins avoisiner les 50 %.

Pour expliquer cette bizarrerie de la nature, inutile de s'attarder sur des raisons oiseuses, et qui sont pourtant citées le plus souvent tellement elles paraissent séduisante pour l'esprit et propre à cesser de s'interroger rapidement :


- Le poids du côté beurré, la tartine étant plus lourde sur cette face (je ne peux que vous renvoyer dans ce cas à la première règle, par là, sur la gravitation universelle puisque les objets tombent à la même vitesse, en tout cas à la surface de la Terre, quel qu'en soit le poids, un homme de 120 kg se précipitant du 20ième étage ne va pas toucher le sol avant un autre de 45 kg), qui indique une légère méconnaissance de la physique élémentaire;


- La densité qui serait modifiée et donc plus conséquente du côté beurré, d'où un déplacement du centre de gravité de la tartine (mais vu la hauteur dont on parle là, cela ne peut avoir qu'une incidence marginale et ne peut pas influer en quoi que ce soit), ce qui serait vrai s'il s'agissait au minimum de plomb;

 

- L'aérodynamisme de la face beurrée, sur laquelle l'air glisserait mieux et permettrait une accélération lors de la rotation de ce côté comparativement à celui resté granuleux (et donc une tartine de paté de campagne ne subirait pas ce problème, freinant donc mieux en l'air et échappant ainsi aux lois de la physique), mais qui ne serait pas vrai alors dans le cas de l'utilisation de beurre allégé;

 

- La tartine serait beurrée du mauvais côté (oui, sans doute, voire certainement à vrai dire), mais ce qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick;

 

La raison en est bien évidemment plus simple, mais plus subtile aussi. En fin de compte, tout dépend de la hauteur de la table, puisque la tartine n'a dans des conditions normales d'utilisation (tartine beurrée d'un seul côté, la face supérieure, tartine basique, table et chaises standards, vent nul) que le temps d'effectuer un demi-tour lors de sa chute avant de toucher le sol.

En effet, si l'on s'intéresse à la mécanique des corps, et en particulier à la dynamique des solides, il est facile de comprendre que la tartine commence sa chute par un mouvement de rotation, que le point d'origine soit le rebord d'une table ou les doigts qui la tienne, il ne reste donc que deux paramètres à prendre en compte : la vitesse de révolution et la hauteur initiale.

C'est d'ailleurs cette première variable qui fait que la tartine ne retombe pas à chaque fois et immanquablement du côté beurré, puisque la vitesse n'est pas constante suivant les personnes et selon l'énergie cinétique à l'origine de la chute.

La seconde ne subissant que peu de variation d'un individu à l'autre et d'une table à l'autre, et donc le temps de la chute n'oscillant que de quelques centièmes au pire des cas. C'est donc de ce côté là que ce trouve la principale raison de la reception au sol côté beurré, et que nous allons donc chercher plus avant.

Ainsi, comme on est amené à le constater, la tartine n'a le temps d'effectuer qu'un demi-tour principalement en raison de la hauteur de sa chute, qui depend à son tour de la hauteur de la table, puisque la majorité des gens mangent des tartines beurrées à table.

On est alors amené à se demander pour quelle raison les tables font cette hauteur, d'où dépend cette demi rotation, soit en moyenne entre 0,70 m et 0,80 m, hormis pour les populations qui ne mangent en position assise mais à genoux (comme au Japon ou au Kazkhstan) ou par terre (comme pour les Masaï ou les Nambikwaras), mais qui ne consomment pas de tartines beurrées ce qui ne change donc rien à notre investigation.

Cette hauteur presque standardisée elle même dépend de la hauteur des chaises qui sont placées autour de ladite table, soit en moyenne entre 40 et 45 cm pour la hauteur de l'assise, ce qui permet de maintenir une position stable, de limiter le travail et la tension musculaire dans tout le corps grâce à une position donnée.

Ces contraintes à leur tour ne peuvent être écartées qu'en donnant cette hauteur à la chaise, puisqu'elles prennent en compte et dépendent de la hauteur moyenne des membres inférieurs humains en station assise, les deux pieds devant reposer au sol à plat et les genoux avoir un angle au moins égal voire légèrement supérieur à 90°.

La taille des membres inférieurs humains à leur tour depend de la taille totale d'un être humain en moyenne, soit approximativement entre 40 à 45 % du corps, exeption faite des mannequins mais qui ne mangent, là encore, pas de tartines beurrées en raison de leur anorexie.

Cette proportion nous renvoie donc à la taille totale du corps, or la stature d'un être humain est en moyenne de 1m75 pour les hommes et 1m63 pour les femmes, avec bien évidemment quelques variations et quelques évolutions dans le temps, mais qui sont corrigées par un autre phénomène comme nous le verrons juste après.

Un rapport qui est judicieusement conçu puisque qu'il permet à la boite cranienne de résister aux chocs occasionnés par d'éventuelles chutes, d'où l'on peut déduire que cette proportion à son tour dépend de la robustesse du squelette, qui a évoluée elle aussi parallèment à l'augmentation de la stature, car la diététique et la médecine s'améliorant, la taille a progressé mais la solidité des os aussi.

La résistance du crâne, comme de tous les os du squelette humain, dépend elle même de la gravité (on notera ici le sens de l'humour de la Nature qui nous renvoie en fin de parcours à cette cause pourtant écartée au départ du raisonnement) qui est subie en moyenne à la surface de la terre.

L'on pourrait sans doute remonter encore plus loin, mais cela ne changerait plus grand chose à ce point, puisque la gravité étant l'une des forces fondamentales ou interactions

élémentaires et qui donc permet à l'univers d'être ce qu'il est et de continuer à exister au lieu de se dilater jusqu'à perdre toute cohérence, on peut d'ores et déjà condenser, de façon rapide quoiqu'imprécise certes, tout ce qui vient de préceder de la manière suivante : si la tartine beurrée retombe du côté beurré c'est parce que [...] l'univers entier fait en sorte que cela se produise.

Si l'on élargit ce principe à d'autres phénomènes qu'une simple histoire de tartine beurrée, dans ce cas il est tout à fait admissible de résumer cette règle en postulant que "si quelque chose peut mal tourner, alors cela arrivera"...

 

 

 

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micahuète 23/08/2010 19:23


je continuerai les chocapic le matin.
J'aurai peut etre une chance de rattraper les 0,5 cm qu'il me manque pour atteindre la taille moyenne des femmes =(


Saint Luc 25/08/2010 15:28



Mouhahahahahaha...


Mais tu as raison, on ne sait jamais, ça peut marcher, sur un malentendu !  ;)



Amelie 19/08/2010 00:05


"Il fait blanc", c'est une belle image !
J'aime bien parce que ça me rappelle ce que ma mère disait parfois en hiver : "Le ciel est blanc de neige", et le lendemain effectivement il neigeait (-:
Mais parfois il fait bleu aussi hein...


Saint Luc 21/08/2010 14:01



Il fait bleu ?! A paris ?!


On ne doit pas parler du même Paris ! Paris, Texas, pourquoi pas ! ;p


Plus sérieusement, en fait même quand il y a un grand ciel bleu à Paris ce n'est pas du tout du même bleu que sur la Côte d'Azur, ce qui aussi le cas en Bretagne ou dans les Landes, ce n'est pas
le même bleu non plus, question de climat je pense.


Et c'est drôle ce que tu dis sur ta mère,  moi la mienne, tout comme moi, on a toujours été incapable de prévoir le temps... enfin avec un tant soit peu de précision, parce que s'en tenir à
des probabilités classiques ce n'est pas franchement faire preuve de beaucoup de flair...



Amelie 17/08/2010 19:36


C'est sûr que si tu regardes le ciel de ces derniers jours, tu ne pourras que te féliciter d'être resté dans le sud... Parce qu'ici, on a quand même ressorti les chaussettes et les chemises à
manches longues (et j'ai même croisé une fille en bottes :s)
Du coup j'étais même pas blasée d'aller à la mairie, je me suis même dit "ben si j'y reste 1h30 au moins je serai pas sous la pluie et j'aurai le temps de sécher". Résultat des courses : 10 minutes
montre en main. Elle se fout vraiment de nous la météo, moi j'te l'dis !


Saint Luc 18/08/2010 11:10



C'est clair !!!


Et même si je regrette parfois la vie parisienne avec ses musées, ses expositions, ses spectacles, ses tables magiques, ses grands magasins, la météo par contre ne me manque pas du tout ! Le
nombre de fois où j'ai dit qu'à Paris il ne faisait pas "beau", mais "blanc" !


Et comme on dit "il n'y a plus de saisons ma bonne dame !!!"  ;)



Amelie 15/08/2010 21:09


Tu sais ce qui serait trop classe ?
C'est que tu me remettes cette analyse photographique en mains propres !
Bon en écrivant ça je me rends compte que ça va pas aider à lire ton papier rapidement mais enfin... :D


Saint Luc 16/08/2010 23:17



Ah oui carrément !!!


Parce que c'est clair que là tu prends de gros risques : ce n'est pas que je n'aime pas Paris, mais en cette saison je préfère nettement rester sur la côte d'Azur...



Amelie 14/08/2010 11:15


Bon bon... Puisqu'on n'a pas le choix, on va attendre... Depuis le temps, on n'est pas à 3 mois près ! Ahah (c'est méchant)

72 heures que je divise par 24 je pose 2 je retiens 3 j'ajoute l'âge du capitaine moins la pointure du mousse divisé par le tour de poitrine de la cuisinière, ça fait 3 jours non ?
Bon ça va, 3 jours avant c'est acceptable ! Si tu préviens par lettre, n'oublie pas le délai de la poste :D


Saint Luc 14/08/2010 20:19



Hou l'attaque sournoise et la remarque perfide !!! :)


En même temps, je ne peux pas t'en vouloir vu le retard accumulé en plus du fait de l'avoir même oublié...  :/


Je vois en outre que tu as des calculs fort savants pour déterminer le laps de temps entre une demande de rendez-vous et une éventuelle visite, mais on peut faire plus simple : d'un jour pour le
surlendemain !!! Mais c'est vrai qu'il est possible que tu n'aies pas le message à temps, si je me décide je ferai en sorte de t'avertir au plus tôt donc.