Article fleuve, amours, socle commun et signe du mois...

Publié le par Saint Luc


L'Arioste, au détour de son Roland furieux, a écrit "vous savez que la diversité plaît à l'esprit comme au goût; et mon histoire, en se variant, et semblant n'aller que par sauts et par bonds, vous en sera peut être plus agréable..."


Je ne vais donc pas essayer de vous faire croire qu'il y a
une logique quelque part un fil conducteur à mes propos, puisque ce n'est absolument pas le cas, et que je vais sauter du coq à l'âne à tout bout de champs. Et puis de toute façon, je n'ai jamais été très doué pour faire des plans, mettre les choses en ordre et suivre un déroulement précis, je ne suis pas un synthétique, je suis clairement un analytique ce qui me fait penser qu'il faudrait que j'écrive quelque chose sur le sujet un de ces quatre matins.
Et puis de toute façon, je suis chez moi, je fais comme je veux, d'abord. Nanmého !

Pour commencer, vu que je sais bien
mes chers petits ninternautes chéris que c'est ce qui vous intéresse (oui, oui, ne niez pas, j'ai bien regardé les commentaires !), j'ai effectivement rencontré une charmante demoiselle, mais  vrai dire, il n'y a pas grand chose à en dire en fait.
Pas grand chose vu que de toute façon il ne se passera rien de très exeptionnel en fin de compte parce que je ne suis pas un sagouin et que les femmes sont compliquées.
Pour résumer, elle m'attire, je l'attire, ça me semble assez évident et clair, mais comme elle n'est pas encore séparée de son Jules attitré, même si cela fait longtemps que ça ne va plus et qu'ils doivent tout arrêter, et que d'un autre côté le fait de savoir que je ne suis pas encore officiellement divorcé l'a très clairement refroidie...
Je ne suis pas très chaud pour me lancer dans ce genre de complications, si elle doit donner un nouveau sens à sa vie, ce doit d'abord être pour elle et pas pour moi. D'un autre côté, me reprocher, ou plus exactement me laisser sous-entendre, qu'une autre est un peu trop présente dans ma vie est du coup assez bizarre, et pas très fair-play ni exact, mais à ce qu'il semble "ce n'est pas pareil".
Bref, que de bonnes raisons pour que ça ne marche pas tout seul, mais à dire vrai, le flirt a du bon, et les frolements et autres étincelles que cela provoque me plaisent assez...

adam-eve-gustav-klimt-6-1593-iphone.jpgGustav Klimt, Adam et Eve (détail), 1917-1918


Sinon, comme je sais que ça vous intéresse encore plus, j'ai eu la joie, que dis-je la félicité, l'immense honneur d'assister à une (en fait deux, mais ça marche moins bien pour l'expression) jolie réunion pour parler de l'avenir de nos charmantes têtes blondes, du socle commun de connaissances et du comment qu'on fait pour l'évaluer.
Je me suis toujours demandé comment cela se faisait que dans une institution qui clame, revendique et tienne autant à la laïcité, il y a un goût si prononcé pour l'organisation si régulière de grands-messes.
Parce que mine de rien, et mis à part le cliché et l'expression figée, cela ressemble bien à ça quand même : on réunit tous les fidèles, on les bassine à souhait avec le dogme, en les mençant si besoin est de tous un tas de malheurs s'ils n'appliquent pas à la lettre tous les préceptes et recommendations, alors que s'ils le font on leur promet la modique somme d'une félicité souveraine et éternelle...

Donc là, il s'agit maintenant d'appliquer une jolie grille d'évalution par connaissances et par compétences, sur le modèle de ce qui se fait d'ores et déjà dans le primaire.
Enfin, plus exactement, il s'agit de faire élaborer et de faire proposer par les professeurs une grille d'évaluation pour répondre à des compétences larges et des connaissances larges et regroupées en grands chapitres (du genre autonomie et intiative de l'élève, techniques usuelles de l'information et de la communication...), eux mêmes subdivisés en catégories larges (du genre savoir organiser son travail en planifiant, anticipant, rechercher et sélectionner des informations utiles, ou alors manifester créativité, curiosité, motivation, à travers des activités conduites et reconnues par l'école ou l'établissement...), qui laissent une marge d'appréciation assez considérable, puisque le tout est traité selon la logique binaire : acquis, non-acquis.
Oui, parce que dans le primaire on a le droit de ne pas être encore au point, et donc une seconde chance avec le fameux en cours d'acquisition, mais pas dans le secondaire, là tout est important, et il va de soi que tout sera bien évidemment acquis en fin de parcours, quoi qu'il arrive, on se demande bien comment parfois.

doisneau_L-information_scolaire_ecole-de_la_rue-Buffon_v19.jpgRobert Doisneau, L'information scolaire, école de la rue Buffon, 1956


Pour prendre un exemple concret, certains items ne poseront guère de problèmes, comme savoir nager, là ou d'autres seront plus discutables, comme connaître quelques références incontournables de l'histoire des arts, qui est une bonne idée, mais là où moi je validerai pour une vingtaine, n'y aura t'il pas un professeur qui validera seulement pour une dizaine ?
Sans compter que certaines compétences brillent par la possibilité d'être évaluées dans plusieurs disciplines, que certaines grillent se basent sur des programmes qui n'ont plus court aujourd'hui, et que de toute façon il n'est pour l'instant pas question d'arrêter d'évaluer avec des notes comme c'était le cas jusqu'à présent. Ou pour le dire autrement, il faudra faire une deuxième évaluation en plus de celle qui est déjà pratiquée, se concerter entre collègues pour se mettre d'accord et/ou se répartir les tâches sans pour autant avoir plus de temps, de moyens ou d'informations par rapport à aujourd'hui.
Bref, comment réformer sans en avoir l'air, en donnant plus de travail aux enseignants (après tout, ils ne font rien, ils sont toujours en vacances), mais aussi en introduisant du coup plus de subjectivité et de flou encore à l'école, sans pour autant que des bénéfices puissent clairement avoir lieu puisque les deux systèmes vont se superposer et pouvoir donner lieu à des arguties bien comme il faut : il n'a pas la moyenne, mais bon, il a validé ses compétences !
Mais en disant tout ça je fais quand même preuve de mauvaise foi, parce qu'il va sans dire que c'est une bonne chose pour les élèves (Comment ça ils ne le savent pas, et ils ne le comprendront pas ? Comment ça ils voudront des notes ? Leur but n'est pas d'acquérir du savoir, des connaissances et des compétences pour la beauté de la choses, simplement ?), et pour les parents (Comment ça ils ne le savent pas non plus, et il ne le comprendront pas ? Comment ça ils voudront connaître les notes de leurs enfants ? Leur but n'est pas de permettre à leurs enfants d'acquérir du savoir, des connaissances et des compétences mais d'évaluer leurs efforts et leur sérieux, sans blague ?), ainsi que pour la société (Comment ça évaluer binairement ça se rapproche des QCM et permet d'obtenir de meilleurs résultats ? Le but n'est pas de proposer un savoir, des connaissances et des compétences mais de permettre d'obtenir un diplome ?), bref, au temps pour moi.

Pour être un peu plus sérieux et surtout plus juste, ce genre de réforme du système d'évaluation, calqué comme il se doit sur ceux qui ont cours dans les pays qui font tant rêver au ministère (Danemark, Finlande, Allemagne...), et sont en tête de toutes les évalutions internationales sur le niveau des élèves, pourrait être une bonne chose si elle s'accompagnait d'une dose de bon sens, ce qui là ne semble pas vraiment être le cas.

Evaluer par compétence pourrait être une bonne idée : les élèves ne sont plus frustrès par une note ou par un quelconque classement entre eux, et travaillent seulement dans le but d'obtenir la validation de leurs compétences. Bien, mais à quoi rime alors de continuer dans le même temps l'évaluation par notes alors ?
Evaluer par compétence pourrait être une bonne idée : les élèves ne sont plus mis en concurence et ont tout le temps pour valider les compétences quels que soit l'ordre de ces validations, la motivation venant de chacune de leur réussite qui est valorisée à chaque fois. Bien, mais alors à quoi rime alors de faire encore des bulletins trimestriels, en plus encore de pratiquer le redoublement ?
Evaluer par compétence pourrait être une bonne idée : les élèves ne travaillent plus dans le but d'avoir une note ou d'obtenir un diplome qui va décider de leur future orientation professionnelle, ce qui se permet de se concentrer sur le savoir, les connaissances et les compétences que tout un chacun devrait posséder. Bien, mais à quoi rime alors de faire dépendre l'orientation du niveau scolaire atteint au collège ?
Evaluer par compétence pourrait être une bonne idée : les élèves vont pouvoir acquérir du savoir, des connaissances et des compétences pour le simple plaisir, avoir et développer le plaisir d'apprendre sans la contrainte et la menace des mauvaises notes, ou la carotte bien peu appétissante des bonnes notes. Bien, mais à quoi rime alors de ne pas déjà leur en parler pour que cela ait une chance de marcher ?
Evaluer par compétence pourrait être une bonne idée : les élèves verront que leur scolarité compte et ne se joue pas à pile ou face le jour d'un examen quel qu'il soit, et que leurs efforts, tous leurs efforts sont pris en compte. Bien, mais à quoi rime alors de demander une évaluation pour cette année alors que les instructions en sont données à la fin du second trimestre, et qui plus est incomplètes ?

Pour être tout à fait honnête, je ne crois pas que ce genre de système soit très adapté à la France, qui bon gré mal gré, est un pays bien plus latin qu'elle ne veut l'admettre. Bien au contraire, je pense qu'il faudrait sans doute faire tout l'inverse, ce que comprendrait instantanément toute la population, qui adhérerait sans doute bien plus facilement, redonnerait du crédit à la Maison Education Nationale, et valoriserait du même coup le travail, la recherche et la culture. Néanmoins, cette réforme pourrait marcher si elle était conduite en bon ordre, jusqu'au bout, et en s'accompagnant de toutes les mesures et filets de sécurité qui s'impose, ce qui pour l'heure est très loin d'être le cas. Or l'incompétence des ministres de l'Education Nationale qui se sont succédés et des hauts fonctionnaires qui font tourner la maison étant patente, il est assez difficile de leur faire crédit.



Sinon, pour parler d'autre chose (ben quoi, je vous avais prévenu que ça partirai
en sucette et n'importe comment dans tous les sens), ça fait longtemps que je ne vous ai pas mis une cholie nimage illustration de mon cru. Je vous remet donc un montage sur le thème du signe du mois, soit pour cette fois-ci celui du Verseau :


verseau

Bon, comme vous le savez déjà si vous êtes un habitué, je n'y connais strictement rien je vous donne donc un descriptif d'après ce que j'ai trouvé un peu partout.

Donc, d'un côté c'est un quelqu'un d'idéaliste, juste, à l'écoute des autres, généreux, loyal en amitié, créatif, pugnace, communicatif, attentionné.

Mais aussi imprévisible, distant, peu diplomate, tête en l'air, obstiné, peu démonstratif, toqué, intransigeant, peu fiable, excentrique.


Enfin, c'est l'image qu'ils donnent, mais
vous ne serez peut être pas d'accord, vous en connaissez ?




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chouf 16/02/2010 11:45


J'aime beaucoup ton illustration et plus particulièrement les bottes en caoutchouc!!!


Saint Luc 16/02/2010 13:29


Argh !!!
Dire que je vien de taguer, tu m'échappes en mettant ton commentaire juste maintenant, après !
Et merci pour le compliment, moi aussi les bottes m'ont fait craquer, j'ai trouvé que ça faisait du plus bel effet...
Le contraste, il n'y a que ça de vrai !


BBK.mel 16/02/2010 09:33


Oups, j'ai fait un peu long en commentaire cette fois ci. Désolée.


Saint Luc 16/02/2010 13:27


Tu n'as pas à t'excuser, il n'y a pas de soucis...
Et comme tu le disais toi-même sur ton ancien chez toi, dans ton article sur le qui était qui, le bavardage est toujours agréable et permet d'échanger un peu mieux que par résumés ou doses
homéopathiques ! Donc ne t'en fais pas, j'aime lire et j'aime parler, étant prolixe moi-même !


BBK.mel 16/02/2010 09:32


L'évaluation par les compétences est une bonne chose. C'est ce que nous faisons en fait en lycée pro, mais caché par des notes. Je m'explique : en matière professionnelle, l'essentiel du diplôme
préparé (bac pro ou CAP) est évalué en CCF, contrôle en cours de formation et en entreprise pendant les stages. Ce que l'on évalue, c'est la capacité de l'élève à faire un boulot, donc à avoir la
compétence professionnelle requise. Il sait mettre un produit en rayon, il le fait en autonomie, la tâche est bien réalisée, le résultat n'a pas besoin d'être contrôlé. Je confirme que c'est
valorisant pour les gamins et qu'ils reprennent confiance dans le système scolaire qui les a souvent rejetés jusqu'à présent.

Par contre, je ne peux que t'approuver lorsque tu dis que le système d'évaluation des compétences est une bonne chose mais incompatible avec l'orientation des élèves. En effet, jusqu'à maintenant,
le fait d'orienter par les notes obtenues en classe est une loi implicite. C'est comme cela que l'on se retrouve avec de bons élèves qui n'arrivent pas à aller en lycée pro parce que leurs notes
sont trop bonnes. Et qu'on se récupère tous ceux qui ont des problèmes de comportement et des difficultés scolaires. Et avec ça, on veut revaloriser la filière professionnelle ?

L'idée de l'évaluation par compétence est une bonne chose à condition qu'on réforme l'intégralité du système scolaire. Autant dire que c'est mission impossible.


Dans un autre registre, les aventures de iopenso me font penser à ce qui m'a fait passer mon blog en privé. Qui parle de liberté d'expression ? Attention, les profs sont de grands méchants
trublions, semeurs d'embrouilles !

Quand à la demoiselle.... et bien, il est tellement bon de ressentir les fameuses étincelles du flirt que ça vaut le coup de se lancer dans l'histoire. Advienne que pourra et tu verras bien ce que
ça donnera. Après tout, personne n'a dit qu'il fallait signer un engagement tout de suite. Carpe diem, bon sang !


Saint Luc 16/02/2010 13:15


Oui, ce pourrait être plutôt une bonne chose en principe, et même si je ne crois pas que ce soit très adapté à notre façon de penser la scolarité en France, mais ce que je regrette c'est surtout
qu'on veuille maintenir malgré tout le système de notation parallèlement et de redoublement tout comme de baser l'orientation dessus, comme tu le pointais très justement.
Autant de points faibles qui me font douter de la valadité d'une telle mesure et de son efficacité en collège, contrairement à ce que tu sembles sous-entendre, où après tout ce qui est visé n'est
pas tant l'apprentissage d'un métier ou une éventuelle préparation à celui-ci, contrairement à ce qui se dit un peu partout d'ailleurs en regrettant du même coup que ce ne soit pas plus efficace,
mais bien l'acquisition d'une culture et la formation d'un futur citoyen, capable d'être autonome, responsable et capable de penser par lui-même...
Par contre, je te rejoins sur le discours ambiant qui dévalorise les filières professionnelles ou courtes au profit de la voie générale, ce qui est d'une imbecilité sans nom ! Tout le monde sait
bien qu'un cuisinier ou un plombier est forcément plus crétin et plus inutile qu'un ingénieur ou un vendeur !

Pour ce qui est des menaces que Iopenso a reçu, j'ai aussi fait le rapprochement avec tes derniers articles avant de passer en mode restreint, c'est pour ça que même si c'est parfois gonflant je
garde toujours le masque et reste toujours un peu sybillin pour ce qui touche à ma vie privée ou à des choses très précises sur ce qui m'entoure. Et avec tout ça, je ne risque pas de changer d'avis
maintenant !

Et ne t'en fais pas, je Carpe bien, mais le problème est dans l'autre sens : c'est elle qui ne veut pour l'instant pas se lancer parce qu'elle n'aime pas bien les ombres qu'elle semble voir autour
de moi, et ce qu'elle croit déceler de mon état d'esprit ! Après tout c'est peut être ça qui la gène aux entournures, se demander si je pourrais être sérieux un minimum, et si on peut avoir
confiance en moi et en une relation avec moi. C'est clair que je ne risque pas de signer un engagement maintenant là tout de suite, mes précédentes aventures m'ont bien calmé à ce niveau là... Mais
de là à faire n'importe quoi, il y a tout de même une marge, non ?


iopenso 15/02/2010 09:17


Ce serait inquiétant si nous avions réellement des blogs contestataires... ceci dit méfiance!


Saint Luc 15/02/2010 22:10


Ben oui, parce que même pas en fait !
Moi qui pensais que j'étais modéré et que je faisais toujours un peu trop dans la nuance (ce qui vous vaut régulièrement quelques longueurs dans ma prose ;) et pas dans la caricature contrairement
à certains de mes collègues qui se plaisent souvent à coller au plus près possible au stéréotype du gauchiste barbu ET contestataire...
Il faut croire que les bonnes intentions ça ne paye pas !


ci&là 14/02/2010 23:13


C'est inquiétant ce que vous dites là quand même…


Saint Luc 15/02/2010 22:07


Inquiétant ce n'est pas le terme que j'aurais choisi... Dans l'Education Nationale, tu devrais savoir ce que c'est, le nid de vipère n'est jamais très loin et il se trouve toujours des gens bien
intentionés...
Par contre, c'est clairement désagréable et pour tout dire particulièrement mesquin !