En vrac...

Publié le par Saint Luc


Ces derniers temps l'actualité m'a semblé assez riche, alors j'ai décidé de vous en parler et de vous dire ce que j'en pense. Parce que j'ai eu tout le temps du monde pour voir, entendre, scruter, écouter et analyser de derrière mon écran, au fil de mes navigations, le long des lignes et d'après ce qui passe sur les ondes.


Et pour ceux que ça n'intéresse pas, et bien... tant pis pour vous !


Quand je dis riche, c'est bien sûr au sens quantitatif, parce qu'au niveau qualité, c'est pas du tout le même jambon au choix pénible, pitoyable ou les deux !


Donc, dans le désordre le plus complet, puisque les actualités s'entrechoquent quelque peu et se bouculent au portillon, un petit florilège de ce à quoi on a pu assister.

 

 


Premièrement, la formidable, merveilleuse et inoubliable entrevue entre le chef de l'état, notre bien aimé et adoré Président, et nos deux journalistes officiels.

Entrevue, parce qu'il me paraît plus que difficile de qualifier cet exercice autrement, le mot entretien m'est venu aussi, mais me semble trop insister sur l'idée de dialogue pour que je puisse en toute conscience y croire ne serait-ce qu'un brin au vu des images.

Le terme interview est encore plus impropre en l'occurence, étant donné l'inconsistance des questions posées et surtout la faiblesse des relances, des interventions proposées par les deux journalistes. Bref, ça ressemblait diablement à ça :

 

Claes Oldenburg, Floor Cake, 1962


En même temps, je veux bien croire qu'il s'agit d'un exercice difficile, mais sans demander l'impossible on pouvait tout de même espérer que les deux journalistes fassent preuve de pertinence dans leurs questions. On ne leur demandait même pas de briller, ni même de faire montre d'impertinence, faut pas pousser non plus mais en y regardant de plus près il est facile de s'apercevoir que les plus belles passes d'armes ont consisté dans le fait de reposer plusieurs fois une question, du genre "est-ce que la crise est derrière nous ?" et autres "donc, on peut dire qu'il n'y a plus de paradis fiscaux ?"


A ce propos, il est assez navrant de constater qu'en fin de compte des deux journaliste celui qui a été le moins tarte le plus incisif, était Laurence Ferrari, c'est-à-dire celle qui avait le moins d'expérience dans ce genre de domaine, navrant vraiment.

 

 


Deuxièmement, le chef de l'état malgé cette inconsistance à quand même réussi à multiplier les contresens, erreurs, approximations et bourdes, pour ne pas dire les mensonges éhontés.

Et ce n'est pas que je me considère comme un dangereux gauchiste barbu ou un opposant frontal et absolu à la politique notre bien aimé et adoré Président, mais là il paraît assez difficile de lui trouver des excuses ou des circonstances atténuantes : rien ne peut justifier de telles bévues, surtout en de telles circonstances.

Je ne m'étendrais pas sur toutes, mais reviendrais sur quelques unes qui me semble particulièrement frappantes et tout bonnement incrooyables, même si nos Laurel et Hardy du journalisme ne les ont pas relevées.


Il suffit donc de proclamer la fin des paradis fiscaux et du secret bancaire pour que ce soit effectivement le cas, mais comment n'y a t'on pas pensé plus tôt ? D'autant qu'apparemment les décisions du G20 vont permettre des se poser des questions sur les relations entretenues avec Monaco et Andorre notamment, cette dernière n'ayant pas du tout le Président de la République Française comme co-prince, mais pas du tout bien sûr...


Et le gros de la crise est donc derrière nous et sera finie à partir du moment où l'emploi remontera ? Autrement dit, la solution est celle de l'emploi et le problème de l'emploi est directement imputable à la crise, mais ce genre de déclaration n'est absolument pas populiste ni simpliste. Ou comment à des problèmes compliqués tâcher de faire croire qu'il existe une réponse simple et facile à comprendre.


Pour ce qui est des bulletins de santé et de la transparence promise lors de la campagne présidentielle, on sera heureux d'apprendre que le chef de l'état regrette d'avoir inquiété ses proches et ses amis, et qu'il reconnait avoir été "négligeant [...] dans [sa] manière de s'hydrater", que dire ? Sa santé semble donc redevenue une question privée qui ne peut pas du tout intéresser les contribuables et les citoyens, d'autant qu'il n'est pas négligeant envers sa santé, mais seulement son hydratation, il y a vraiment de quoi être rassuré...


Ne parlons même pas du carbone qui serait censé créer des trous dans la couche d'ozone pour celui qui assure faire plus pour l'environnement que n'importe qui avant lui en France, ou des propos qualifiés de "maladresse" du ministre de l'intérieur pour celui qui fustige l'absence du port de la cravate dans des événements officiels.


Enfin, il n'est pas possible de passer à côté de la fameuse déclaration : "la justice a décidé de traduire les 'coupables' devant un tribunal correctionnel".

A ce propos on entend bien souvent  prononcé le mot 'lapsus', qui pourrait à la limite être acceptable si ce n'est qu'en principe lorsque cela arrive, on s'en rend immédiatement compte et l'on se reprend. Mais là, rien de ça, ni même mention par les journalistes qui estiment que le chef de l'état s'est ensuite expliqué et donc repris, sauf qu'il n'en est rien.

Dire "Je fais totalement confiance à la justice, les juges décideront qui a fait ça, pourquoi on a fait ça, qui sont les commanditaires et qui sont les opérateurs", ce n'est absolument pas revenir en arrière et considérer qu'il n'y a que des prévenus, c'est sous-entendre que parmi ceux qui se trouvent jugés il y a à la fois les commanditaires et les opérateurs, et que la justice n'a plus qu'a déméler qui a fait quoi, ce qui exclue donc toute possibilité qu'il se trouve quelqu'un qui puisse être innocent, ce qui est particulièrement curieux quand on sait que parmi les prévenus se trouve aussi le journaliste qui est à l'origine de la mise au jour de cette affaire, Denis Robert, et le consultant qui a relevé puis transmis les anomalies et les listes de comptes à la presse, Florian Bourges.

Des bévues et amalgames qui pourraient éventuellement être compréhensibles pour le commun des mortels, mais en l'espèce il ne s'agit pas de n'importe qui, c'est le chef de l'état. Ce qui suffit déjà à rendre les choses inouïes : comment est-il possible de ne pas surveiller ses propos lorsqu'on exerce ces fonctions, et qui plus est quand on est au coeur de l'affaire et informé, bien informé même puisqu'en tant que partie civile il a accés à toutes les pièces du dossier et commettre ce genre d'impair ?

Mais ça ne s'arrête pas là, parce que pour mémoire notre bien aimé et adoré Président est non seulement Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, mais aussi avocat de profession et de formation !

Et la défense qui consiste à dire qu'il est spécialisé en droit des affaires est absurde et complètement inepte, la différence entre prévenus, coupables, non-lieu et relaxe sont des choses que l'on apprend au premier semestre de première année de droit...

Il n'y a donc pas l'ombre d'une chance que ce soit ou que ça soit puisse être un 'lapsus'.

Bref, quand on veut trop en faire, être sur tous les fronts et tout gérer par soi-même et éluder les communications de ses ministres, ni même les reprendre à son compte lorsqu'elles ont été pourtant efficaces (à ce sujet Christine Lagarde, la ministre de l'économie a été bien plus convaincante tout comme le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo), il faut s'attendre à multiplier les erreurs, n'est pas un phénomène qui veut :

 

Léonard de Vinci, L'homme de Vitruve, vers 1485-1490

 

Moralité, le caractère peu convaincant et un peu insipide de la seule première conférence de presse présidentielle n'était peut être pas tant du à la forme et au nombre de journalistes mais à l'intervenant principal...

 



Publié dans Humeur

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tahiti45 08/10/2009 18:49


je croyais être une rare réfractaire aux infos télévisées..
nous allons pouvoir créer un club
les infos radio me suffisent largement


Saint Luc 08/10/2009 20:21


Oui, je crois qu'une Amicale s'impose !!!
Par contre, ça risque du coup de provoquer une indigestion pour certains d'entre vous, mais je suis loin d'avoir fini, la suite arrive ce soir ou demain, et il y aura sans doute encore un petit
bout plus tard...
Mais on s'arrêtera là, parce que même moi j'ai envie de parler un petit peu d'autres choses, mais vu que j'ai commencé, autant finir et épuiser un peu le sujet.


brigitte giraud 05/10/2009 23:40


C'est bien et nécessaire de decrypter les infos, ce qui est transmis et retransmis par la "télé", ce qu'on nous fait passer de messages pro sarko, l'air de rien !


Saint Luc 06/10/2009 13:01


Je crois oui, parce que je crois qu'on est réellement dans l'ére de l'information : l'idée d'une ligne éditoriale semble être devenue une grossièreté, l'analyse ou le décryptage passés de mode, la
nuance et la mesure une utopie, et les enquêtes privilégier le sensationalisme et les thèmes à la mode que la rigueur et la volonté d'aller au fond des choses...
Bref, on nous balance un flux continu d'actualités et de nouvelles, mais sans aucun recul, sans mise en forme, tel quel, ce qui pourrait ne pas être dérangeant si cette attitude était assumée
réellement. La preuve, ceux qui suivent assidument les nouvelles préfèrent les chaines info spécialisées puisque les dépèches sont livrèes brutes, sans se donner l'apparence d'une reflexion.
Comme souvent, on a le cul entre deux chaises : ni de vraies analyses, ni de vraies nouvelles. Et après on se demande pourquoi entre 68 et 73 pour cent des français ne font pas confiance aux
journalistes !!!


Anbleizdu 05/10/2009 23:11


Tiens je me souviens pourquoi je ne ragarde plus la télé !! Entre la politique véreuse, les journalistes vendus et le retour de tournez manège, je crois qu'on atteind le fond un peu plus tous les
jours !!! :D


Saint Luc 06/10/2009 12:42


Je comprends mieux pourquoi vous vous entendez tous du coup ! C'est le gang des incorruptibles de la télévision !
Personnellement je ne peux pas être d'accord, ce doit être mon incurable optimisme, tout ne me semble pas perdu ou sur le point de l'être? Et je ne dis pas pour autant que tout soit rose, loin de
là, je ne suis pas naïf à ce point, et il ya a beaucoup à faire c'est sûr mais j'ai aussi l'impression que les choses changent et que l'on est à la fin d'une époque.
J'ose espèrer que celle qui suivra sera donc meilleure et plus juste.
Par contre je confirme pour ce qui est de l'incurie des programmes de certaines chaines de télévision et le revival d'anciens programmes qui fleurent bon la naphtaline et la "beaufitude", c'est
vraiment navrant...


carole 05/10/2009 22:12


tout comme Galoune : je suis débranchée ! et je ne m'en porte que mieux ! comment dire : je boycote les médias, les journalistes, les hommes politiques, le star système etc... Ils prétendent faire
la pluie et le beau temps, ils s'y croient trop ! Si plus personne ne les écoutait, ils seraient bien obligé de réviser leurs leçons....


Saint Luc 06/10/2009 12:33


Décidément !!!
Je vois que je suis entouré de rétifs aux informations !
Mais pour être tout à fait honnête, je ne vis pas avec un oeil sur la planète, et je suis bien plus les actualités internationales que celles du dernier savetier du fin fond de la Creuse...
Et là aussi je compte en parler très bientôt...


galoune 04/10/2009 21:59


Je donne des biscuits d'accord, mais à l'heure du thé alors.


Saint Luc 04/10/2009 22:18


:)