Après la réponse à La Midinette, celle à Micahuète...

Publié le par Saint Luc


Henry Miller a écrit "Si tu regardes ton nombril et que ton nombril est intéressant, alors tu atteindras l'universel."



Maintenant que les vapeurs morphiniques et autres sédatifs ne plongent plus mes neurones dans un doux brouillard ouaté, je vais pouvoir à nouveau écrire un peu plus par ici. Au passage, je tiens à remercier tous ceux qui ont pris des nouvelles et se sont inquiétés pour ma santé, c'est adoooooorrraaaaable. Bon, de toute façon l'opération dont il est question n'est pas très grave, voire pas grave du tout, mais vos encouragements et vos messages s'ils n'ont pas atténué la douleur m'ont fait extrémement plaisir, et c'est déjà pas si mal.



Ceci dit, pour être tout à fait honnête, ce n'est pas la seule raison de mon silence de cette dernière quinzaine. Et ce n'est pas que comme
Virgibri** je sois tombé sur un établissement qui ressemble peu ou prou au monde des télétubbies, non non, loin s'en faut, seulement je n'y ai plus mis les pieds depuis un petit moment et depuis mon petit nid douillettm j'ai moi aussi l'impression de ne pas avoir grand chose de fondamentalement intéressant à raconter.

D'un autre côté, en tant que lecteur je m'étais dit que ça permettait de voir autre chose, que l'auteur se retrouvait un peu obligé de puiser à d'autres sources d'inspirations, ce qui n'est pas vraiment génant, voire pourquoi pas bénéfique. Après tout,
chers et ô combien estimés lecteurs, vous n'êtes peut être pas là juste pour parcourir en général une sorte de compte-rendu et d'éxutoire de mes petites frustrations scolaires, non ?


Du coup, pas d'histoires de minufles au QI d'huitres ou plein d'une verve incongrue, ni de potins plus ou moins épicés sur mes nouveaux petits camarades de jeu, et retour sur ce que je disais par
.




Donc, pour revenir sur la différence entre blog de filles et blog de garçons, je vais tâcher de parler du ton que l'on peut trouver sur ces derniers.
Tâcher, parce que j'ai peu de réponses claires dans ce domaine, et quelques questions qui m'apparaissent tout de suite et auxquelles je ne n'ai pas vraiment de réponses. Moralité, il se peut que ces présupposés  et interrogations en suspend m'empêche d'avoir un raisonnement posé et clair.

Première chose : je ne suis pas forcément le mieux placé pour juger de ce qui est de mon ton, et partant ce qui est le
ton d'un homme : est-ce qu'on peut vraiment être impartial et objectif lorsqu'il s'agit de soi-même ?


Mon point de vue est  immanquablement celui d'un acteur et pas celui d'un observateur.
 

Même si on pourrait aussi me dire que celui qui écrit est forcément aussi et TOUJOURS son premier lecteur.
A moins d'écrire "à la tonne" (je ne sais pas si cette expression existe vraiment, mais ça me paraît bien rendre l'idée générale, la préocuppation essentielle étant bien plus la quantité que la qualité), et de ne pas se relire, sinon on passe nécessairement un peu de temps à regarder ce que l'on a écrit. Que ce soit rapidement, de façon dilettante, ou même inconsciemment.
Pour ce qui me concerne, puisque je suis ici chez moi et que je sais donc bien ce que j'y fais, je ne me suis jamais vraiment posé la question de ce j'écris. Ou plus exactement je me suis demandé souvent comment dire les choses, mais pas vraiment de ce que je devais dire, je me suis donc  préoccupé du
style et pas de la teneur de mes propos.


Deuxième chose : il ne me semble pas tout à fait à ce propos qu'on parle de la même chose en disant style et ton. Ce sont des choses voisines, cousines même, mais pas non plus identiques, parce que selon moi là où la première concerne la forme, la seconde plutôt le fond.

Je me trompe peut être, mais il me semble que le
style est bien plus la façon dont on dit les choses que l'on a à raconter, bref ce que l'on retravaille un poil avant de publier, le choix des mots, du registre de langue, la traque des éventuelles coquilles et répetitions, toutes ces petites choses qui sont censées à la fois rendre la lecture plus facile, plus agréable, et en même temps la compréhension plus évidente.


Soit le moyen qui nous semble le plus adapté pour faire passer ce que l'on a en tête au départ.


Parce que l'on s'adresse toujours plus ou moins à un lecteur, qu'il existe ou pas ne fait d'ailleurs aucune différence : on peut très bien l'imaginer, et c'est d'ailleurs bien souvent ce qui se passe, on écrit exactement les choses comme on aurait aimé les lire si on se trouvait de l'autre côté du miroir.
Du coup, on peut changer de
style. Suivant l'idée qui nous vient on va choisir le médium qui nous semble le plus adéquat, depuis l'essai très sérieux et argumenté jusqu'à la satire ou à l'écrit burlesque. On se glisse littéralement dans une une forme dont on va plus ou moins tordre les règles et les contraintes pour s'exprimer.


Et pourtant, quelque chose reste.


Quelque chose qui passe d'un texte à l'autre, ou qui transpire au travers de
la forme choisie, et qui forme une sorte de continuité, une continuité que j'aurais tendance à appeler le ton, parce que c'est bien plus une question de manière d'envisager et de prendre les choses, que de façon immédiate de les traduire, et qui se retrouve presque à chaque fois.



To be continued...


Publié dans Clin d'oeil

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Micahuète 05/10/2009 17:06


je suis toute rouge et boursoufflée de piqures d'ortie. J'ai répété 300 fois "Saint-Luc est un saint homme qui ne sait juste pas à quel sein se vouer et je ne suis qu'une petite impertinente". Je
retourne appliquer avec méthode de l'Apaisyl sur mes fesses :)


Saint Luc 05/10/2009 19:01


Hi hi hi...
J'adore, même si je compatis !!!  ;)))
Juste une question tout de même : je ne sais pas à quel saint me vouer, ou à quel sein me vouer ? Parce que comme c'est la deuxième fois, il me vient un énorme doute sur une éventuelle
coquille...
Et prends soin de tes fesses du coup (je n'aurais jamais cru écrire ça un jour) !


Micahuète 04/10/2009 09:43


la honte m'envahit de ne trouver cet article que maintenant. je m'excuse en confuses et me confonds en excuses. Voila ma curiosité partiellement assouvie :)
Merci le sein :)


Saint Luc 04/10/2009 10:57


Ha !!!

En conséquence, tu te flagelleras avec des orties fraiches au petit matin en répétant des phrases de pénitence...

Mais je compte approfondir un peu cette histoire, ce qui devrait donc ravir tes mirettes, parce que je trouve qu'il y a sans doute là matière à débat effectivement.


carole 02/10/2009 12:37


L'absence de faux semblant et le désir de se mettre "à nu" n'empêche pas la pudeur. Je le sais pour avoir vécue l'expérience du théâtre. La pudeur je la lis dans la manière de dire sa vérité avec
délicatesse, sans artifice justement. et tout en préservant son anonymat.


Saint Luc 03/10/2009 15:20


Eh bien...
Il semble bien que tu te spécialise dans la lecture entre les lignes !
Ce que tu écris là me touche et me semble assez juste, jusqu'à cet anonymat qui me permet plus ou moins, et plutôt plus que moins, de me préserver un peu, quoique peut être un peu laudatif : je ne
suis pas tout à fait sûr de mériter autant de compliments, mais merci tout de même.


galoune 01/10/2009 15:29


Hi, hi, hi...
Oui, tu me traites de blonde... Peut-être...
Je me demande si (de fatigue, je suis une vtaie brune même si ça ne garanti rien) je ne cliquerais pas sur "fermer" plutôt que sur "publier ce commentaire"...
Et ma messagerie que je ne vide jamais me montrerait des réponses déjà vues par la voie directe...
Bon, quoi qu'ils ont fait les kinés???
Ils viennent à domicile??? Tu boitilles ou t'es au lit?
Bises à toi!


Saint Luc 01/10/2009 18:51


Alors là, je m'inscris en faux !!!

Ce n'est pas toi que je traitais de blonde, enfin sauf si REELEMENT tu appuies sur la touche annuler plutôt que publier !!!
C'était une précaution oratoire au cas où tu trouverais que je t'explique les choses comme à un piti nenfant... Et tu as raison, la couleur des chevaux ne garantit rien, comme disait quelqu'un que
je connais, on peut être blonde à l'intérieur !

Pour ce qui est des tortures auxquelles on me soumet, ça va du pliage du genoux à la stimulation par chocs électriques en passant par l'équilibre yeux fermés et genoux plié et ça c'est pas de la
tarte, je tétanise à tous les coups...
Par contre même si j'ai du mal à rester debout trop longtemps pour l'instant je ne vis plus comme Alexandre le Bienheureux vissé à mon lit, et je boitille effectivement un peu partout dans mon chez
moi, et je vais même quotidiennement prendre l'air en plus d'aller à nouveau quotidiennement me chercher du pain  ;)


carole 30/09/2009 22:20


"pas de plan, des couloirs qui ne mènent nulle part" : ça, ça me plait bien. c'est un peu comme ça chez moi aussi. Difficile de définir le ton ou le style d'un blog. Il y a la présentation et les
textes, les sujets traités, les images, le son : ça forme un tout, et souvent il y a vraiment une harmonie d'ensemble. j'imagine que cela reflète la personnalité de l'auteur. Et le petit jeu
d'imaginer la personne qui se cache derrière ça me plait bien. c'est comme lire dans une boule de cristal. Ici le ton est un peu détaché : humour et sensibilité et beaucoup de pudeur. Et
l'interaction avec les autres, l'attention aux autres que j'aime beaucoup.


Saint Luc 01/10/2009 18:15


C'est gentil ce que tu dis...

Par contre, c'est curieux que tu me dises que je fais preuve de "beaucoup de pudeur", parce que moi j'ai un peu (souvent) l'impression de me mettre à nu dans ces lignes, pas de faux semblants, pas
de diplomatie mal placée, pas de silence un peu contraint, juste le fond de ma pensée telle quelle. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi l'anonymat, ça me permet de ne pas avoir à me soucier de
ce que je connais pourrait penser ou déduire de ce que je dis.

Et je te trouve tout de même bien clairvoyante, il se pourrait bien qu'on vive ous les deux au sein du même genre de dédale, aurait-on le même architecte ?