Ooops I did it again ! part 4

Publié le par Saint Luc


Donc voila très cher ninternaute l'article tant attendu ben quoi? on peut toujours rêver, non? même si je ne sais pas trop PAR OU commencer tant il y a à dire là dessus.

Alors, en prolégomènes (si, si, ça fait du bien parfois d'ouvrir un dictionnaire) donc comme je le disais, en prolégomènes (j'y tiens), je tiens à souligner, tout comme Bernard Faivre d'Arcier, ex-directeur du Festival d'Avignon et membre du comité d'histoire du ministère de la culture, qu'il s'agit de distinguer entre l'action du ministre à la tête du ministère de la culture et l'utilité de ce même ministère, et que les décisions parfois contestables du premier n'entament et ne diminuent en rien l'importance du second, et tout juste peut-on dire que cela marque un temps d'arrêt dans le rôle que le second doit jouer grâce, au travers, ou malgré (c'est selon...) le premier.


Photographie AFP/Joel Robine
Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture





Ensuite, aussi incrooyaaaAAAAaaable que cela puisse paraître, eh bien je suis d'accord avec notre cher et bien aimé ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon.





Pas pour les mêmes raisons.




Ni en vue des mêmes objectifs.




Mais malgré tout je suis d'accord.








Je m'explique.


Je tiens tout de même à préciser avant que tu quittes ce blog, cher lecteur, en quatrième vitesse et en hurlant et vociférant pour que je sois maudit jusqu'à la vingt-cinquième génération, toussa, toussa... que je ne suis ni un fan de Jean-Jacques (on va l'appeler comme ça, ce sera plus commode, et puis tellement plus intime !) ou de ses options politiques, ni d'ailleurs de ses actions lorsqu'il occupaient ses fonctions rue de Valois, et encore moins en service commandé.

Photographie DR/20 minutes
Christine Albanel, actuelle ministre de la culture



Ni d'ailleurs un supporter de Christine Albanel (que l'on nommera, cela va sans dire... Christine, pour plus de lisibilité) ou de ses engagements politiques, ni d'ailleurs de ses combats (je sais c'est un bien grand mot) dans ses actuelles fonctions au ministère de la culture, et là encore pas au service de qui que ce soit.





Cependant, je ne résiste pas, comme dirait un dangereux agitateur télévisuel, à l'envie de poser quelques questions qui me taraudent le service public :





- En premier lieu, si la question est tout à fait bien posée. En tout cas bien posée dans la tête des lecteurs, puisque bien sûr l'avis de Jean-Jacques m'a fait bondir, mais que les réactions des lecteurs m'ont encore plus interloqué, et finalement mis en pétard ! Parce qu'il me semble bien qu'il y a une multitude de questions qui découlent de toute cette histoire, et qui nous feront revenir en fin de compte sur le problême de l'utilité ou de l'inutilité du ministère de la culture.



- En effet, au vu des réactions sucitée par les propos de Jean-Jacques, si la question qui se pose est de savoir si oui ou non il y a lieu d'exposer Jeff Koons à versailles, et si d'un autre côté il y a ou pas une certaine connivence entre cette décision et les liens entre Jean-Jacques et Bernard Arnault, qui est un soutien bien connu à la côte de cet artiste.


Photographie AFP/Mira Oberman
Jeff Koons au Musée d'Art Contemporain de Chicago


- Alors, je me demande d'abord si ces lecteurs connaissent l'oeuvre (entendu au sens large, sur la trajectoire artistique de cet artiste) ou les oeuvres de Jeff Koons, et en particulier celles dont il s'agit et exposées à Versailles.
Les connaître vraiment s'entend, pas juste par le truchement (ça c'est joli comme expression, par le truchement, presqu'aussi joli que par l'entremise
, ça aussi c'est joli, par l'entremise, il y a des expressions comme ça dans la langue française qui sont assez désuètes mais d'un charme et d'une poésie rare, et je trouve que l'on ne les utilise plus à leur juste valeur, hormis les gens comme moi qui affectionnent ce côté suranné de la langue de Molère, mais par l'entremise ça me fait un peu trop penser à la tante Artémise de Nino Ferrer... mais je m'égare), donc par le truchement de quelques rares publications ou reportages télevisuels.
Et il est à noter comment cette exposition fut traitée, ce qui n'est d'ailleurs pas le mot exact au regard du traitement, justement, de cette information, mais plutôt expédiée d'un revers de main ou reléguée comme un entrefilet si ce n'est que pour parler des réactions suscitée par l'exposition, mais que rarement, voire jamais à la télévision, à propos de ce qui est exposé, ou bien même de l'artiste.

Or ce genre d'oeuvres ne peut guère se comprendre, comme sou
vent il est vrai pour ce qui est de l'art contemporain, autrement que par le contact direct, en les cotoyant, en tournant autour, en en prenant au sens physique la mesure, bref autrement qu'en les voyant.



- Et faute de les voir en vrai comme disent les enfants, ce n'est qu'en expliquant que l'on peut avoir une petite idée de ce d ont il s'agit et espérer comprendre.

CE QUI NE PERMETTRAIT SUREMENT PAS DE CONFONDRE SCULPTURE ET BAUDRUCHE.

Parce que rappelons-le, il s'agit bien de sculptures, au sens plein du terme, d
ans un matériaux propre à la sculpture, l'aluminium, et loin de ce qui pourrait être pris pour des baudruches ou des ballons. Sauf dans le cas où l'on ne les a pas vu soi même, puisque la question ne se poserait pas, ou dans le cas où on ne sait pas de quoi il s'agit, faute d'information ou d'explication, ce qui nous ramène à ce que disais précédemment ben oui, il faut suivre quand même !


Photographie Scandino
Jeff Koons, Lobster, 2003

 
Car pour le cas le plus extrême, c'est-à-dire Lobster, le modèle est bien un jouet de plage gonflable, mais surement pas dans ces dimensions, ni même dans cette disposition, ni même un sujet normal pour une oeuvre d'art, ni même un cadre logique ou habituel, toutes choses qui mettent la puce à l'oreille lorsque l'on se trouve réellement en face.




- Des interrogations bien naturelles pour qui voit ces oeuvres in situ, ou pour celui à qui on a mis à disposition des clefs de lecture, ne serait-ce qu'un minimum, mais pas pour les autres, l'immense majorité des autres, parce qu'un gouffre d'incompréhension les sépare des oeuvres, qui ne suscitent plus guère que défiance, incompréhension, rejet, voire mépris. E t l'on peut bien se demander quel genre d'organe pourrait bien permettre de combler un tantinet ce fossé, mais nous y reviendrons...



- Une fois cela vu, il n'est pas bien difficile de constater que Jeff Koons (et je note au passage qu'un certain nombre de ninternautes bien intentionnés ne savent pas écrire correctement son patronyme, ce qui laisse songeur quant aux informations auxquelles ils ont accés, ou plutôt sur ce qu'ils retiennent de ces informations mais je suis pas du genre à insinuer ce genre de choses...) est un véritable artiste.
Cependant, il ne s'agit même pas ici de savoir le genre d'artiste qu'il est, puisque combien même il serait un artiste médiocre que cela ne changerait pas grand chose aux termes du débat : il est bien difficile de savoir, faute d'un recul suffisant, quels artistes feront partie des
références artistiques à l'avenir, tout juste peut-on supposer, se fier à des indices, quelques indicateurs, à ses connaissances en la matière, à son propre jugement, et aussi, il faut bien le reconnaître, à son intuition.
Mais il ne s'agit pas, je le répète encore (ben oui, je fonctionne un peu en boucle !), de juger de la qualité du travail de cet artiste, mais plutôt de constater qu'à peu près partout dans le monde (et on pourra toujours me répondre que la majorité n'a pas toujours raison en ce qui concerne l'art, ce qui est vrai, mais est tout de même un argument qui se retrouve plus souvent qu'à son tour dans la bouche de ceux qui adhèrent justement aux goûts de la majorité et je dois reconnaître que j'aime beaucoup l'ironie de la chose quand même) son travail est reconnu, qu'un nombre considérable d'institutions privées ou de musées publics l'expose, que son nom est cité et expliqué dans la quasi-totalité des ouvrages de référence, que des publications de tous horizons et qui ne partagent pas tous la même vision de l'art en parlent et commentent ce travail, voire même qu'une première serie de rétrospective de son travail ont été présentées au Stedelijk Museum d'Amsterdam, au Aarhus Kunstmuseum de Aarhus, à la Staatsgalerie de Stuttgart, au Walker Art  Center de Minneapolis, et au Museum of Modern Art de San Francisco, et ce dès 1992-1993, bref un peu partout sauf en France, où à part pour ceux qui s'intéressent de près à la chose artistique son nom est quasiment inconnu.

Il s'agit bien d'un GRAND NOM de l'art contemporain.


Si ce n'est en France en tout cas à travers le monde, et à ce qu'il me semble le rôle des institutions culturelles chargées d'assurer la diffusion et l'audience de la diversité et de la multiplicité des biens culturels et artistiques est bien de montrer et d'exposer les grands noms de la scène artistique mondiale.




- Et ici se pose un peu plus clairement la question du rôle des institutions culturelles d'un pays, qui au contraire de ce qui a été dit, écrit, ou sous-entendu n'est pas de juger de la qualité de tel ou tel travail artistique, ce qui serait dans ces conditions là la porte ouverte au népotisme ou faire le jeu d'intérêts particuliers et donc forcément partisans, mais bien d'en permettre les conditions d'éclosion, d'expansion et d'exposition, et de permettre dans le même temps de donner aux spectateurs, au public et à la population une connaissance de la chose artistique, ou les moyens de pouvoir s'en doter, de se forger par lui-même sa propre opinion, bref une véritable culture.



- Or, oser dire que tel ou tel ne devrait p as se permettre d'exprimer son opinion sur une oeuvre d'art, qu'il s'appelle Thierry Rolland ou Lambda, et même si il faut bien reconnaître que la comparaison est amusante et savoureuse c'est justement donner à croire que l'art ne peut se faire, se comprendre et se diffuser que grâce aux bienveillantes lumières d'un petit nombre, c'est-à-dire les côteries, les accointances et les intérêts privés que ces mêmes lecteurs entendent pourtant dénoncer BIEN HAUT.


To be continued...


Publié dans Humeur

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