Le roy est mort. Vive le roy !

Publié le par Saint Luc


Petit rappel historique pour les ignares pour ceux qui ne vivent pas vissés à un dictionnaire ou à une encyclopédie quelconque :

C'est l'expression que l'on prononce traditionnellement à l'avénement d'un nouveau souverain, en référence aux mots qui auraient été prononcés par le Duc d'Uzès à la mort de Charles VI le Fol rapport à son araignée au plafond et pas à son futur rôle dans Le Placard ou Gazon Maudit en 1422 pour signifier la continuité du pouvoir en la personne de son fils, Charles VII le Bien Servi comme quoi vous l'aviez senti venir, à l'époque on savait se donner du surnom qui tabasse après sa période de régence.
Un tradition attestée aussi en Angleterre, puisqu'à la mort de Henri III en 1272 et alors que son fils Edouard Ier participe aux croisades, une expression assez similaire aurait été utilisée afin qu'aucune vacance du trône ne puisse donner lieu à des conflits pour la succession, ce dernier proclamé roi avant même de le savoir et de rejoindre Londres.


C'est maintenant une phrase souvent reprise en remplaçant le mot "roi" par à peu près tout et n'importe quoi lorsqu'on veut parler de la fin de quelque chose d'important et éventuellement de son remplacement par quelque chose d'autre.




Alors y a pas de raison...

Donc, ça y est.

Maintenant c'est sûr.

On s'en doutait,

mais cette fois c'est officiel.



Fort de son succès éditorial
, avec la modique somme de plus d'un million de lecteurs (excusez du peu !) mais victime dans le même temps de son manque de succès commercial (seulement 40 000 exemplaires vendus) Le Monde de l'éducation prend congé après 34 ans de bons et loyaux services et va se transformer en supplément gratuit du quotidien éponyme à une périodicité pour l'instant peu claire
une lettre d'après les propres termes de la rédaction, on en rigole d'avance, en un site promettant l'accès à tous les articles parus mais qui ne semble pas fonctionner mais à part ça il n'ont rien, mais vraiment rien contre les nouveaux médias et puis c'est pas la fin ça va continuer en ligne, vous savez ma bonne dame, et laisser derrière lui un espace vide de débat sur la pédagogie, le rôle de l'école, la place des parents, les systèmes éducatifs d'autres pays, les lettres ouvertes et le quotidien de tant d'enseignants...

Au moment même où ces mêmes enseignants se disent de plus en plus seuls, où des réformes sont sur le point d'éclore, de nouveaux programmes voient le jour mais privés de leurs cahiers d'accompagnements, où de plus en plus de gens réclament l'ouverture d'un vrai débat et d'une réflexion en profondeur sur l'école de la république, c'est une des institutions de la sphère éducative, et qui était malgré tout restée un espace de libre échange, de libre parole et de libre pensée qui s'évanouit...

Car nul besoin d'être d'accord avec toutes les opinions et avis qui circulaient entre ses pages pour se rendre compte que là se jouait encore un peu de ce que l'on peut attendre : une institution à l'écoute des enseignants qui la font vivre, et non comme c'est de plus en plus le cas, une institution qui demande, voire ordonne, à ses enseignants de l'écouter.
 



Publié dans Humeur

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